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LES 6 GUERRES CONTRE LA DROGUE

Source: Les 6 guerres contre la drogue|addictohug.ch, en passant par addictaide.fr
Originalement publié le 22 juin 2018

Ce 6-pack proposé par Marisa Makrygianni avec la collaboration de Max Catsiyannis, deux médecins internes du Service d’addictologie, traite des législations internationales sur les drogues.

6
CHINE, 2017

La Chine a soutenu officiellement, en juillet 2017, la politique menée par Duterte aux Philipines, à savoir le renforcement de la guerre contre la drogue. La Chine fut le premier pays à déclarer une telle guerre, en 1893, afin d’éradiquer la consommation d’opium, mais la consommation de subs-tances addictives, ainsi que la pénalisation de cette consommation, restent très présentes. En 2014, plus de 600’000 consommateurs ont subi une « punition » pour leurs actes, et plus de 130’000 ont été incarcérés. L’avenir reste relativement obscur, avec une tendance à la rigidité et au durcissement de cette politique visant à la diminution du nombre de consommateurs ainsi que des producteurs de substances illicites. Actuellement, l’un des problèmes principaux est la con-sommation de la kétamine, qui est produite au sein du pays.

https://news.vice.com/article/chinas-battle-against-drugs-is-turning-into-all-out-war
http://news.abs-cbn.com/news/10/21/16/china-to-help-dutertes-war-on-drugs

5
CAMBODGE, 2017

Selon le dernier rapport de l’ONUSIDA, il y a eu, en 2014, 450’000 personnes capturées dans les « centres de réhabilitation » en Asie du Sud-Est. Ces centres ont pour projet le traitement et la réhabilitation des personnes consommant des substances addictives. Selon les témoignages, le traitement est construit sur l’idée de remplacer l’addiction par le travail et les activités qui sont imposées aux patients.
Actuellement, il y a huit de ces centres au Cambodge qui peuvent chacun accueillir 1’000 personnes (souvent non volontairement), huit centres au Laos, accueillant jusqu’à 2’600 personnes par année, tandis qu’au Vietnam, plus de 20’000 personnes souffrant d’addiction sont forcées à travailler dans des conditions difficiles.
En mars 2012, l’ONU a établi un accord afin de condamner la détention des personnes concernées par une addiction, et a demandé la fermeture immédiate des « centres de thérapies » fonctionnant selon ce modèle. Malheureusement, quatre ans après, les conditions restent les mêmes…

https://www.hrw.org/news/2010/01/25/cambodia-close-compulsory-drug-detention-centers

4
RUSSIE, 2016

En 2016, la Russie adopte une politique de « monde sans drogue », restant neutre vis-à-vis de la proposition de l’ONU qui mettait en avant l’importance de la prévention et de la diminution du risque lié à la consommation. Actuellement, le pays se place sur le versant de la pénalisa-tion des drogues, augmentant les peines et les incarcérations, à la place d’établir des pro-grammes de substitution plus accessibles à la population générale. L’utilisation des drogues a atteint des taux importants après la disparition de l’Union soviétique, ceux-ci n’étant jamais redescendus depuis. Conséquemment à la position rigide de la Russie, le pays traverse l’une de ses plus importantes crises de maladies infectieuses.
En effet, en janvier 2016, le seuil du million de Russes infectés par le VIH aurait été dépassé. Selon les statistiques, les chiffres justes seraient au moins 50% plus élevés. Golichenko, repré-sentant de la communauté des addicts devant le Tribunal européen des droits humains, sou-ligne que « nous sommes dans une situation où les usagers de drogues ont un seul choix: soit d’arrêter de consommer et de réinsérer la société, soit de continuer et alors de mourir d’une overdose ou une infection au VIH ou à la tuberculose. »

https://news.vice.com/article/how-russia-became-the-new-global-leader-in-the-war-on-drugs-ungass

3
PHILIPPINES, 2016

Depuis son élection, le président Rodrigo Duterte mène une guerre contre les drogues qui a conduit à plus des 7’000 meurtres, principalement au sein des populations les plus pauvres. Au moins 2’555 décès sont attribués à la police municipale. Une investigation sur Duterte ainsi que de membres du gouvernement est en cours afin de juger si ceux-ci ont perpétré des crimes contre l’humanité lors de leur campagne. Malgré l’augmentation de la part de population s’opposant à cette politique, Duterte a promis de ne pas changer d’avis, et de « tuer toute personne impliquée dans le commerce des drogues ».

www.hrw.org/tag/philippines-war-drugs
https://www.hrw.org/news/2017/05/09/philippines-drug-war-deaths-denial-complex

2
MEXICO DRUG WAR, 2006, CALDERON

Il n’est pas très étonnant que la guerre en Syrie ait été le conflit le plus meurtrier de l’année 2016. Fait plus surprenant, la guerre contre les drogues au Mexique arrive en deuxième position. Depuis l’année 2006, le président Felipe Calderon a mobilisé des millions des militaires mexicains dans le but de dissoudre les empires des cartels de la drogue. Hélas, selon l’institut national Belisario Dominguez, c’est après la mise en place des opérations militaires permanentes que la violence physique atteindra son niveau le plus important au niveau national.

http://www.huffingtonpost.com/entry/mexico-drug-war-deaths_us_5911d69fe4b0a58297df921b
http://edition.cnn.com/2013/09/02/world/americas/mexico-drug-war-fast-facts/index.html
https://matadornetwork.com/change/10-facts-drug-war-will-shock/

1
WAR ON DRUGS, 1971, NIXON, LE DÉBUT…

En juin 1971, le président Nixon déclare la « guerre contre les drogues ».
Il augmente de manière radicale la présence des agences gouvernementales de contrôle des drogues, ainsi que les mesures pénales suivant l’utilisation de celles-ci, telle que l’incarcération obligatoire.
Mais quel est l’objectif réel de cette entreprise ? En 1968, Nixon menait déjà une campagne qui sera menacée par deux partis : les gauchistes, opposés à la guerre, et la population noire. Étant donné qu’il est impossible de rendre illégales l’opposition politique ou la couleur de la peau, et en associant les hippies avec la consommation de cannabis et les Noirs avec celle d’héroïne, enfin en renforçant la pénalisation des deux substances, il devient aisé pour Nixon de fragiliser les deux communautés.
La législation aux États-Unis contre les drogues est aujourd’hui encore basée sur les principes de la pénalisation et de la punition, or il n’y a pas de diminution de la consommation.

 

http://www.drugpolicy.org/facts/new-solutions-drug-policy/brief-history-drug-war-0

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