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Des écueils légaux bloquent l’accès à l’antidote

Source : http://m.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/410883/surdoses-des-ecueils-legaux-bloquent-l-acces-a-l-antidote

Contrairement aux autres provinces et aux États-Unis, le Québec est toujours privé d’accès au naloxone, un antidote aux opiacés, notamment parce que des règlements empêchent ici des travailleurs de rue et des tiers de donner ce médicament en toute légalité.

À l’heure actuelle, même les techniciens ambulanciers, dont le rôle est de sauver des vies, ne peuvent administrer le naloxone s’ils sont dépêchés aux côtés d’une personne en situation de surdose. Ils ne le pourront légalement qu’à compter de 2015, à la suite d’un changement à la loi.

Dans la foulée des informations publiées par Le Devoir jeudi démontrant que le naloxone a permis de sauver des centaines de vies à Vancouver et dans plusieurs États américains, les instigateurs du projet Profane, qui souhaitent rendre cet antidote rapidement accessible à Montréal, affirment que de nombreux obstacles juridiques se dressent sur leur route. Et cela, au moment même où l’on observe une augmentation importante des cas de surdoses mortelles (15 depuis la mi-mai) dans la région métropolitaine.

 

Un risque d’accusations

Un avis juridique obtenu par les promoteurs du projet Profane indique en effet que le cadre légal actuel au Québec, notamment le Code des professions et la Loi médicale, empêche toute personne autre qu’un médecin ou une infirmière praticienne d’injecter cet antidote largement utilisé ailleurs.

Les intervenants formés pour administrer ce médicament pourraient être accusés d’avoir enfreint la loi et s’exposer à des poursuites civiles, a indiqué jeudi Sylvie Des Roches, directrice générale du Centre de recherche et d’aide pour narcomanes (CRAN), qui prône pourtant le démarrage rapide d’un projet d’accès au naloxone à Montréal. « Il faut que les gens qui fréquentent ceux qui risquent de subir des surdoses puissent avoir accès au médicament. Le cadre juridique doit être changé et la santé publique doit faire avancer ce dossier rapidement », affirme cette dernière.

Pour que le projet voie le jour, le gouvernement québécois doit modifier les règlements actuels. Ailleurs au Canada et aux États-Unis, des dérogations aux lois ont été consenties pour permettre aux tiers, même à des policiers, de secourir des personnes intoxiquées en détresse respiratoire.

 

Avis de l’INSPQ à venir

À cet égard, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) attend avant d’agir l’avis que doit rendre à l’automne l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) sur la question de la réduction des méfaits, incluant l’accès au naloxone, a indiqué jeudi une porte-parole du MSSS.

« Ça fait depuis 2008 qu’on voit les surdoses augmenter. Il y a pourtant urgence à faire débloquer ce dossier », soutient Guy-Pierre Lévesque, directeur de Méta d’Âme, un organisme d’aide et de réinsertion des toxicomanes.

Les personnes présentant des allergies graves se sont heurtées au même mur pendant des années. Ce n’est que depuis avril 2013 que l’EpiPen, l’adrénaline auto-injectable, et les défibrillateurs externes peuvent être utilisés légalement au Québec pour sauver une vie par une personne sans formation particulière. Avant, seules les personnes détenant une formation spécifique pouvaient le faire. La même situation prévaut actuellement pour le naloxone.

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