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Acceptables, les centres d’injection supervisée ?

Vendredi 16 décembre 2011 |

Injection à la clinique Insite de Vancouver. (Photo PC)

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Comme on s’y attendait, la Direction de santé publique de Montréal recommande la création de services d’injection supervisée sur l’île. Ces centres, en effet, sont avant tout une affaire de santé publique. On vise à réduire les décès par surdose, mais aussi la transmission du VIH et du virus de l’hépatite C – chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI) et, par ricochet, dans le reste de la population. En faisant tout cela, on diminue aussi les transports en ambulance, l’utilisation des urgences et, à terme, les soins requis par les personnes infectées par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC).

Ce ne serait pas du luxe. Les deux tiers des UDI montréalais sont porteurs du VHC, un sur cinq du VIH… et un sur quatre l’ignore. Les décès par surdose ont aussi augmenté, passant de 51 à 72 par an entre la première et la deuxième moitié des années 2000.

C’est pour ce genre de raisons que la Cour Suprême a donné sa bénédiction à la clinique vancouvéroise InSite, et prévenu le gouvernement fédéral qu’il ne pourrait pas s’opposer à l’ouverture d’autres centres ayant les mêmes objectifs médicaux. Les juges du plus haut tribunal du pays ont reconnu que la dépendance est une maladie, et que la criminalité n’a pas augmenté dans les environs d’InSite.

Mais comme vous le savez, la question n’est pas seulement médicale. Le ministre de la Santé a été clair: son appui est conditionnel à l’acceptabilité sociale des projets qui lui seront présentés.

À Montréal, il faudra qu’il y ait plusieurs sites, et que leur caractère médical et infirmier soit clairement établi, ont montré les consultations. On sait aussi, grâce aux centres existant ailleurs et aux services d’échange de seringues d’ici, comment améliorer la cohabitation avec les résidants et les commerçants des alentours. Malgré ces précautions, ces centres sont loin de faire l’unanimité. Comment s’en étonner ? Les quartiers visés sont déjà aux prises avec plusieurs problèmes tenaces (itinérance, prostitution, vente de drogue, etc.). On peut bien leur dire qu’ailleurs, les centres d’injection supervisée n’ont pas aggravé ces problèmes, et peuvent même améliorer la situation (moins de seringues, de consommation et de surdoses dans les rues, par exemple), il est normal que des groupes continuent de s’y opposer.

Le Service de police de la Ville de Montréal, lui, ne veut pas approuver ces services tant qu’ils ne sont pas légaux. Des policiers ont aussi exprimé plusieurs réserves, mais au moins, ils ont participé aux consultations. Pour l’instant, la collaboration semble pas mal meilleure qu’avec la police de Québec

Les premiers centres qui ouvriront à Montréal auront tellement de pression pour que ça se passe bien qu’ils feront sans doute la preuve que les craintes n’étaient pas fondées. Encore faut-il qu’ils puissent ouvrir…

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Un commentaire

  1. C’est a peu pres le temps que l’on si mette.
    Ca va peut-etre enlever un peu de pression sur les dit quartiers en questiion.
    Ca ce fera pas dans ta cour, ni ton hangard, ni sous ton balcon.
    Il y aura peut-etre aussi moins d’objet de conso a la traine .
    on verrra .
    Donner la chance au courreur……Madman

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