Annonces
Photo: Marie-France Coallier (Le Devoir) Le centre La porte ouverte a dû se trouver un nouveau toit après que l’église qu’il occupait depuis trente ans eut été vendue à un promoteur immobilier.

Une vague d’appuis pour un centre pour itinérants dans le Plateau

Source: Une vague d’appuis pour un centre pour itinérants dans le Plateau| Le Devoir 

L’arrivée prochaine du centre pour itinérants La porte ouverte (The Open Door) dans le Plateau-Mont-Royal suscite peut-être des réticences, mais sa venue recueille aussi des appuis chez les citoyens du secteur.

Des résidents de Milton-Parc se sont dits choqués de l’opposition exprimée par une quarantaine de commerçants et de citoyens qui ont signé une pétition concernant le déménagement du centre de jour pour itinérants.

« Mon humanité est blessée quand je vois un argumentaire “Pas dans ma cour” », explique Émilie Cantin, une résidente de la rue Sainte-Famille. « Je trouve ça décevant du point de vue humain. Il y a un enjeu d’itinérance dans le coin et c’est tout à fait normal que les structures d’aide soient proches de l’endroit où sont les itinérants. »

Comme plus de 200 résidents du secteur, elle a récemment signé une lettre d’appui au projet de déménagement de l’organisme.

Vivre au centre-ville

Rappelons que le centre La porte ouverte a dû se trouver un nouveau toit après que l’église qu’il occupait depuis trente ans eut été vendue à un promoteur immobilier.

Après plus d’un an de recherche, son directeur, David Chapman, a finalement signé un bail avec l’église Notre-Dame-de-la-Salette située sur l’avenue du Parc. L’organisme occupera le sous-sol de l’église à compter de l’automne. Ce centre de jour, qui est ouvert du lundi au vendredi, sert des repas aux sans-abri, leur offre des services d’accompagnement psychosocial et met des douches à leur disposition.

Manuel Johnson a lui aussi signé la lettre d’appui. « Il y a des avantages et des désavantages à vivre au centre-ville. Les itinérants ont besoin d’aide. Notre petit confort et notre petite tranquillité passent en deuxième face à ces gens démunis », croit-il.

Sa fille de 12 ans insiste sur l’importance d’aider les Inuits, qui représentent 40 % de la clientèle de La porte ouverte. « Les Autochtones ont été mis dans des réserves. Ils ont été séparés de leurs enfants qui ont été envoyés dans des pensionnats. Et là, il y a des gens qui ne veulent pas leur donner des services. Je ne comprends pas », fait valoir Rosie Johnson.

Le directeur de La porte ouverte, David Chapman, se dit encouragé par la vague de sympathie envers son centre. « Nous avons reçu beaucoup d’appuis de résidents du secteur et même de gens d’affaires. Il y en a qui sont venus nous voir à notre centre actuel. Certains ont offert de devenir bénévoles quand nous serons à notre nouvelle adresse », a-t-il indiqué au Devoir.

L’inquiétude subsiste

Ces expressions de solidarité ne calment pas l’inquiétude qui subsiste, prévient France Labrecque, une autre signataire de la lettre d’appui.

« Les rumeurs vont à une vitesse effrayante, notamment sur les réseaux sociaux », dit-elle en soutenant que des citoyens qui saluaient l’arrivée de La porte ouverte ont maintenant des doutes compte tenu de la possible fermeture de la Mission Saint-Michael, un autre centre pour itinérants situé près de la Place des Arts. Certains citoyens appréhendent l’arrivée massive d’itinérants si la Mission est contrainte de cesser ses activités.

« Ce ne sont pas tant les itinérants que l’on craint, mais c’est ceux qui abusent d’eux, qui leur vendent de la drogue et leur font des prêts usuraires », dit-elle.

La conseillère du district de Jeanne-Mance, Maeva Vilain, assure que plusieurs mesures seront mises en place pour faciliter la cohabitation, particulièrement après 17 h, heure à laquelle le centre sera fermé.

La Ville a financé l’embauche d’un travailleur communautaire et de deux médiateurs sociaux, indique-t-elle. « Il y a un manque de services dans le quartier et l’arrivée de The Open Door va le pallier. Mais ça ne réglera pas tout », admet l’élue.

Jeanne Corriveau

Montréal, 19 juillet 2018

Voir aussi

40 minutes inside the fentanyl crisis

Source : 40 minutes inside the fentanyl crisis|CBC.ca She used to be a carpenter, now her ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *