Une étude en Colombie Britannique souligne la nécessité d’améliorer l’accès au traitement de substitution des opiacés pour les personnes séropositives

Le traitement de substitution aux opiacés administré en association avec le traitement antirétroviral aux consommateurs de drogues injectables conduit à une plus grosse diminution du nombre de décès par rapport à l’administration d’une seule de ces interventions, a montré un étude dans la province canadienne de la Colombie Britannique.

 

 

Des recherches en Ukraine, également présentées au congrès, ont montré que les personnes qui prenaient un traitement de substitution aux opiacés participaient plus activement à leurs soins.

 

Le traitement de substitution aux opiacés est recommandé par l’Organisation mondiale de la santé et représente un des éléments essentiels de la réduction des risques et des soins qui devraient être offerts aux usagers séropositifs de drogues injectables. Il y a de grandes variations entre les pays quant à l’accès au traitement de substitution aux opiacés pour les personnes séropositives qui s’injectent la drogue : un enquête dans 21 pays, publiée en 2013, a révélé une couverture moyenne de 3% dans cette population.

 

De nombreux pays résistent à l’idée de la substitution aux opiacés en raison de leur conviction que l’abstinence seule peut traiter la toxicomanie à l’héroïne. La substitution à la méthadone est illégale en Russie, un des pays ayant l’épidémie la plus grave de VIH parmi les consommateurs de drogues injectables. L’attitude russe vis à vis de la méthadone est tellement endurcie que les programmes de traitement de substitution à la méthadone ont été interrompues à la suite de l’occupation russe en 2014, a avisé le professeur Michel Kazatchkine, l’envoyé spécial du secrétaire des Nations Unis sur le VIH/SIDA en Europe de l’Est et en Asie centrale, au cours d’une séance plénière du congrès.

 

Dr Nora Volkow, la directrice de l’Institut national des Etats-Unis sur la toxicomanie a dit pendant une conférence de presse que le traitement de substitution aux opiacés “est une situation gagnante pour la prévention et une situation gagnante pour le traitement, mais il y a trop d’endroits où cela n’arrive pas…Je ne connais pas d’autres domaines de la médecine où malgré toutes les preuves qui montrent que l’intervention marche, quelqu’un déclare : « Nous n’allons pas faire ça parce que je pense que ce n’est pas juste ».”

 

Le traitement de substitution aux opiacés peut être administré sous la forme de méthadone ou de buprenorphine quotidienne, et un implant de buprenorphine à libération prolongée est à l’étude dans le but d’être approuvé par l’administration du contrôle des médicaments et des produits alimentaires des Etats-Unis (Food and Drug Aministration). Le traitement de substitution aux opiacés a le potentiel de minimiser les risques associés à la drogue en réduisant les risques d’overdose, en réduisant l’exposition aux infections bactériennes et à l’hépatite C associées aux injections, et en stabilisant les toxicomanes de façon à traiter d’autres problèmes de santé et de permettre le traitement complet de la toxicomanie. En réduisant ou en éliminant la dépendance à l’héroïne, le traitement de substitution aux opiacés réduit la consommation de drogues illégales et a le potentiel de réduire la criminalisation des toxicomanes.

 

Voir aussi

It’s time to stop opioid prohibition and start regulation

Source : It’s time to stop opioid prohibition and start regulation – The Globe and Mail ...

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