Trafic de drogue : Canberra évoque un possible échange de prisonniers avec Djakarta

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L’Australie a évoqué, jeudi 5 mars, la possibilité d’un échange de prisonniers avec l’Indonésie dans une ultime tentative pour éviter l’exécution imminente de deux de ses ressortissants condamnés à mort pour trafic de drogue.

Tôt dans la matinée, le premier ministre, Tony Abbot, a assisté à une veillée aux chandelles devant le Parlement à Canberra, pour demander au président indonésien de faire preuve de « clémence » à l’égard d’Andrew Chan et Myuran Sukumaran. Ils avaient été reconnus coupables, en 2006, de diriger un réseau de trafiquants d’héroïne entre les deux pays.

Conversation très « tendue »

De son côté, la ministre des affaires étrangères, Julie Bishop, a rapporté s’être entretenue au téléphone avec son homologue, Retno Marsudi. Une conversation qualifiée de « très tendue », par les médias australiens. « Nous cherchons à explorer toutes les options à notre disposition, toutes les pistes possibles », a déclaré la chef de la diplomatie australienne.

Elle a ensuite confié à la télévision Australian Broadcasting Corporation : « Je n’ai abordé aucun détail précis, mais j’ai souligné qu’il y avait des prisonniers australiens à Djakarta et des prisonniers indonésiens en Australie et que nous devrions examiner certaines possibilités, un échange de prisonniers, un transfert, si cela est possible selon la législation indonésienne. »

Selon le journal The Sydney Morning Herald, cet accord pourrait impliquer trois Indonésiens emprisonnés en Australie en 1998 à la suite d’une importante saisie d’héroïne près de Port Macquarie, à quelque 400 kilomètres au nord de Sydney.

L’Indonésie a rejeté l’idée de cet échange de prisonniers, a annoncé jeudi le vice-ministre indonésien des affaires étrangères, Abdurrahman Mohammad Fachir, cité par la presse.

A la mi-février, Tony Abbott avait rappelé à l’Indonésie que l’Australie avait apporté la plus grosse contribution à l’aide internationale après le tsunami du 26 décembre 2004 (1,32 milliard de dollars) et espérait un geste en retour de la part du gouvernement de Djakarta. Ce à quoi certains Indonésiens ont répondu par une campagne sur les réseaux sociaux baptisée #KoinuntukAustralia pour rembourser l’Australie et expliquer que l’Indonésie applique ses propres lois.

Exécution imminente

Déboutés de leur demande de grâce présidentielle, les deux Australiens ont été transférés, mercredi, dans une prison de Java en vue de leur exécution. Les autorités n’ont pas annoncé la date de celle-ci, mais les derniers rebondissements suggèrent qu’elle est imminente. Les condamnés à mort sont avertis 72 heures avant d’être passés par les armes.

Tony Abbott s’était dit mercredi « révolté par la perspective des exécutions » des deux hommes et avait appelé l’Indonésie à « changer d’avis ». Les deux Australiens figurent parmi dix condamnés à mort appelés à être prochainement fusillés, dont d’autres étrangers originaires de France, du Brésil, des Philippines, du Nigeria et du Ghana.

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