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Légalisation du cannabis: le président uruguayen prêt à faire «marche arrière»

Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/08/07/legalisation-du-cannabis-le-presid
ent-uruguayen-pret-a-faire-marche-arriere_923376

Le président uruguayen José Mujica a indiqué mardi qu’il était prêt à faire
«marche arrière» si l’Etat se retrouvait «dépassé» par la légalisation du
cannabis, objet d’un projet de loi qui doit encore être ratifié par le
Sénat.

«C’est une expérience», a souligné le président lors d’une interview
exclusive à l’AFP. «Naturellement, comme pour toute expérience, il y a un
risque et nous devons avoir l’intelligence de dire que si elle nous dépasse,
nous enclencherons la marche arrière. Nous ne devons pas nous braquer.»

La Chambre des députés a approuvé fin juillet un projet de loi qui, s’il est
ratifié par le Sénat, ferait de ce petit pays sud-américain le premier au
monde où l’Etat contrôlerait la production et la vente du cannabis.

«Nous devons demander à la communauté internationale de nous aider», a
ajouté M. Mujica. Il a reconnu que ses voisins, l’Argentine et le Brésil,
pouvaient avoir des «inquiétudes» en raison de ce projet de loi, «mais en
même temps ils vont nous regarder avec grand intérêt».

«Je crois que nous pouvons vraiment apporter quelque chose à l’humanité»,
a-t-il estimé. «Etre un banc d’essai qui permette de dégager des pistes pour
affronter ce problème, de donner de nouveaux outils pour lutter contre les
addictions à la drogue».

«Je reconnais qu’il peut y avoir des risques, il y en a sûrement», poursuit
le président. «Ce qu’on sait déjà, c’est que la voie qu’on a prise jusqu’à
présent n’a pas permis de régler le problème».

Le président uruguayen a souligné que l’objectif de ce projet n’était pas
une libéralisation totale du cannabis mais son contrôle par l’Etat.
Il a rappelé que le gouvernement prévoit de durcir les peines de prison
contre ceux qui cultiveront cette drogue sans être inscrits dans un Registre
des usagers.

«N’ayez pas de doute», a-t-il insisté. «Pour ceux qui ne sont pas
enregistrés, nous allons tendre vers un durcissement» des peines, selon lui.

Lutter contre le trafic de drogue

La consommation n’est actuellement pas pénalisée en Uruguay, contrairement à
son commerce. Si le texte était approuvé par le Sénat, les consommateurs,
résidents en Uruguay, majeurs et inscrits dans un Registre des usagers,
pourraient acheter jusqu’à 40 grammes par mois dans des pharmacies
autorisées.

M. Mujica avait récemment assuré qu’il tenterait de convaincre ses
concitoyens, dont 62% sont opposés à cette loi selon un récent sondage, du
bien-fondé de cette «expérience dans l’intérêt du monde» entier.

Selon lui, ce texte vise principalement à couper les consommateurs des
réseaux mafieux et à lutter contre le trafic de drogue, une lutte qui coûte
chaque année quelque 80 millions de dollars (environ 60 millions
d’euros) aux Uruguayens.

«Nous ne voulons pas laisser ce marché aux narcotrafiquants», a-t-il
expliqué à l’AFP. «Il ne s’agit pas d’une défense de la marijuana.
Aucune addiction n’est bonne».

Interrogé pour savoir si ce projet de loi était un premier pas vers la
légalisation future de drogues dures, M. Mujica a refusé de «s’avancer à le
dire à ce stade».

«Ce que je crains le plus, c’est ce qui vient. Et ce qui vient, ce sont les
drogues synthétiques, celles qui sont fabriquées en laboratoires», a-t-il
dit. Alors que le cannabis «est une drogue d’origine agricole, plus facile à
contrôler si on le souhaite».

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