Une soixantaine de seringues trouvées dans les parcs de Québec

«Souvent, ce qu’ils font, c’est qu’ils rentrent leurs seringues dans la terre, alors on voit juste le bout en plastique. […] C’est le genre de chose qu’on ne voit pas quand on ne le sait pas.»

Justine, une intervenante psychosociale, est une habituée des corvées de ramassage de seringues dans les parcs, comme celle qu’ont organisée mardi le groupe communautaire Point de repères et l’Association pour la défense des droits et l’inclusion des personnes qui consomment de la drogue du Québec (ADDICQ).

«À force d’en faire, on finit par avoir le réflexe de toujours regarder dans les buissons, comme si on n’était plus capable d’arrêter d’en chercher», témoigne-t-elle.

Lors de la corvée de mardi, une douzaine de bénévoles répartis en quatre équipes ont ramassé un total de 59 vieilles seringues dans des parcs du centre-ville, laissées là par des utilisateurs de drogues injectables. Puisque les aiguilles sont entrées en contact avec leur sang, et comme des maladies comme le VIH et les hépatites B et C sont relativement fréquentes chez ce groupe de toxicomanes, ces seringues représentent un risque potentiel pour tous ceux qui fréquentent les parcs.

Point de repère et l’ADDICQ ont d’ailleurs décidé d’organiser le ramassage bénévole de mardi parce qu’un enfant se serait piqué accidentellement sur une vieille seringue la semaine dernière, dans le parc de l’école Lucien-Borne, selon le directeur de Point de repères Mario Gagnon.

Et cette année n’est pas tout à fait comme les autres, dit-il. Son organisme travaille à réduire la transmission de maladies par des seringues et a, entre autres, coordonné plusieurs corvées de ce type dans le passé, mais 2013 «est une année record pour les signalements de seringues à Québec, peut-être parce que d’habitude on faisait un ménage au printemps et qu’on ne l’a pas fait cette année», indique M. Gagnon.

Nouveau contrat

La Ville de Québec donne habituellement 40 000 $ par année à Point de repères pour qu’il organise la récupération des seringues dans les parcs-écoles, mais ce ne fut pas le cas ce printemps. M. Gagnon affirme que la Ville a proposé un nouveau contrat qui incluait des clauses «contraires à notre façon de travailler», notamment en matière de responsabilité et d’assurances. «On a demandé à faire une contre-proposition, mais on s’est fait répondre qu’il faudrait que cela remonte jusqu’au service du contentieux et que cela prendrait deux mois», délai qui rendait impossible un «ménage du printemps», relate M. Gagnon.

De son côté, la Ville de Québec confirme qu’elle a demandé à l’organisme de se doter d’une police d’assurance qui couvrirait les accidents touchant ses employés, en plus de demander des changements au sujet de la réddition de compte de la rédaction d’un rapport d’activités.

La Ville affecte maintenant un col bleu à temps plein au ramassage de seringues dans les parcs. Ceux qui accueillent des camps de jour sont visités quotidiennement.

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