La « salle de shoot » sera située 39 boulevard de la Chapelle, à Paris

Source : Le Monde.fr

La future salle de consommation de drogue à moindre risque sera implantée au
39 boulevard de la Chapelle, dans le 10e arrondissement, a annoncé la Ville
de Paris, jeudi 30 mai, dans un communiqué. « Ce lieu permettra de répondre à
la nécessité d’un accueil des usagers de drogue dans ce quartier, avec pour
objectif de réduire les risques sanitaires et diminuer les nuisances sur
l’espace public », a-t-elle précisé.

Elle sera située sur un terrain appartenant à la SNCF, avec laquelle une
convention sera signée. L’objectif d’une telle structure est de réduire les
risques de contamination (VIH, hépatite C), ainsi que les troubles à l’ordre
public. Le lieu a été choisi avec l’association Gaïa, qui mène le projet, et
la préfecture de police.

« L’endroit a deux avantages : il permet à Gaïa de travailler dans de bonnes
conditions, et permet d’ouvrir une salle en s’éloignant des habitations, des
écoles et des commerces, ce qui faisait partie des demandes exprimées durant
la concertation », explique Rémi Féraud, maire du 10e.

Myriam El Khomri, adjointe à la sécurité de Bertrand Delanoë, explique,
quant à elle, que « le dispositif sanitaire sera accompagné d’un dispositif
de police pour assurer la sécurité dans les quelques rues alentour ».

La salle sera construite sur le modèle de Quai neuf, la célèbre salle de
consommation de Genève, un gros cube formé d’Algeco, situé sur un large
espace extérieur. Ce qui permet aux riverains de ne pas croiser de trop près
les toxicomanes qui peuvent se trouver devant la salle.

Le site sera installé à la pointe nord de la gare du Nord, au bout du pont
surplombant la voie ferrée. L’accès à la salle se fera par ce pont en
journée — elle sera ouverte jusqu’à 21 heures. Il faudra franchir une
grille qui donnera sur un corridor fermé par un grillage, séparant le lieu
d’un site de travail de la SNCF. Le bâtiment sera situé au milieu de ce qui
est aujourd’hui un parking.

Des fenêtres d’habitations donnent directement sur le lieu, qui sera
cependant éloigné des entrées des immeubles du quartier, car enclavé entre
leurs façades et le site ferroviaire. Les accès passagers à la gare sont,
eux, situés de l’autre côté des voies, à environ 800 mètres de la « salle de
shoot ». Le « 39 boulevard de la Chapelle » est cependant également l’adresse
d’un immeuble d’habitation. Si elle est donnée aux toxicomanes, « ils
risquent de venir dans notre hall », fait remarquer et s’inquiète l’un de ses
habitants, Pierre Pontonnier, qui a contacté Le Monde.

OUVERTURE À L’AUTOMNE

La condition fixée au départ était que la structure ne soit pas implantée au
rez-de-chaussée d’une immeuble résidentiel. Finalement, elle sera implantée
à proximité, mais pas directement dans l’une des rues très habitées comme
Ambroise-Paré ou Maubeuge, où les toxicomanes viennent s’injecter dans les
immeubles, les parkings ou même sur la voie publique.

Le gouvernement avait donné son accord en février à une seule
expérimentation en France, à Paris. Dès l’automne, Bertrand Delanoë avait
indiqué qu’elle serait implantée dans cet arrondissement, où la consommation
dans l’espace public pose le plus de problèmes.

Les habitants se montraient partagés, entre envie de ne plus croiser des
toxicomanes s’injectant de la drogue sous leurs yeux, et la peur que la
salle en attire davantage dans le quartier. Certains ont même montré une
vive hostilité.

L’implantation nécessite un permis de construire, le dossier sera examiné en
conseil de Paris du 8 juillet. La salle devrait ouvrir à l’automne. Si la
construction n’est pas terminée, des Algeco déjà présents sur place
pourraient permettre à l’équipe de commencer à accueillir les toxicomanes.

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