Washington sermonne Québec

Le Département d’État américain dirigé par Hillary Clinton sermonne le Québec et le Canada sur l’ouverture de sites d’injection supervisés pour toxicomanes.

Le Journal a appris que Washington, dans un rapport qu’il vient de rendre public, se dit «préoccupé» par l’arrivée de ces piqueries légales, en évoquant la décision des «autorités québécoises» d’en ouvrir «à Montréal et à Québec.»

«Les États-Unis craignent que ces sites d’injection et le matériel de consommation qu’on y distribue viennent miner la force et la cohérence de la politique antidrogue du gouvernement fédéral canadien», mentionne-t-il dans le Rapport sur les stratégies internationales de contrôle des drogues 2012.

Chargé des relations avec l’étranger à la Maison-Blanche, le Département d’État analyse dans ce document les récents efforts de plusieurs «pays clés» dans la lutte aux stupéfiants.

Cinq à Montréal

À Montréal, l’Agence de la santé et des services sociaux vient d’autoriser, suivant les recommandations du Directeur de la santé publique, l’implantation de quatre services «fixes» d’injection encadrés par des professionnels de la santé, en plus d’une «unité mobile», d’ici l’automne prochain.

Le ministre de la Santé Yves Bolduc a fait savoir, vendredi, qu’il ne reculera pas, ayant déjà donné le feu vert à l’utilisation de ce moyen pour réduire les décès par surdose, ainsi que la transmission du VIH et de l’hépatite C.

Permis par la Cour suprême

L’organisation diplomatique pilotée par la femme de l’ex-président Bill Clinton estime qu’Ottawa et Québec lancent un mauvais message, dans le contexte où le Canada demeure l’un des «principaux» fournisseurs du marché noir américain en drogues illicites.

Le Département d’État prévient que la présence de ces services «viole» des traités internationaux dont le Canada est signataire, comme la Convention de l’ONU sur le contrôle des drogues.

Et ce, même si la légalité de ces sites d’injection a été confirmée par la Cour suprême du Canada, le 30 septembre dernier.

En 2003, la clinique Insite, de Vancouver, devenait le premier endroit du continent à offrir aux toxicomanes de s’y administrer leur dose de cocaïne, d’héroïne ou de ‘ crystal meth’ (méthamphétamine) par injection.

En 2008, le gouvernement Harper refusait de renouveler l’exemption, qui permettait à Insite d’opérer en toute légalité. La clinique a contesté cette décision avec succès devant les tribunaux de la Colombie-Britannique, avant d’avoir gain de cause devant la plus haute cour du pays.

Pourquoi autoriser les sites d’injection supervisés?

TRANSMISSION DU VIH

«Le VIH touche un nombre important de Montréalais utilisateurs de drogues par injection et son taux de transmission est très élevé. La consommation de cocaïne, la drogue la plus souvent injectée à Montréal, est un déterminant majeur de la transmission du VIH, comme l’est aussi le partage de seringues usagées», selon le rapport du Directeur de santé publique de Montréal sur les sites d’injection supervisés.

PRÉCÉDENTS AILLEURS

Plus de 90 sites d’injection supervisés sont présentement ouverts dans le monde, principalement en Europe et en Austalie.

MORTS PAR SURDOSE

Au moins 72 toxicomanes sont morts par surdose d’une drogue par injection au Québec, entre 2006 et 2009, selon des données du Bureau du coroner.

MANQUE DE SERINGUES

Un total de 973 000 seringues ont été distribuées à Montréal, en 2010-2011, par des organismes communautaires, mais «il faudrait en distribuer 15 millions chaque année afin de couvrir l’ensemble des besoins.»

Source: Directeur de la Santé publique

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Source : https://www.ctvnews.ca/politics/house-passes-marijuana-legislation-bill-moves-to-senate-1.3696405 OTTAWA — The federal government’s plan to legalize marijuana by next summer ...

Un commentaire

  1. Il pourraient se mêler de leurs affaires

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