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Des initiatives contestées

Interdire de fumer la cigarette à moins de neuf mètres des institutions, mais autoriser des gens à se piquer à la même distance: voici l’une des contradictions évoquées par les opposants au projet de Sis, qui ont des réserves quant à son efficacité.

À commencer par l’UQAM, dont les bâtiments se trouvent en plein centre-ville, où l’on retrouve la plus forte concentration de consommateurs de drogues par injection à Montréal. «Le coeur du cyclone», illustre Alain Gingras, le directeur du Service de la prévention et de la sécurité de l’université.

Même s’il est d’accord avec un travail de prévention, M. Gingras trouve absurde l’idée d’ouvrir des SIS. D’autant plus qu’un des endroits pourrait ouvrir chez l’organisme Cactus, dont les locaux se trouvent à une dizaine de mètres d’un pavillon de l’UQAM.

Comme plusieurs opposants, il craint surtout l’achalandage et une centralisation des problèmes au centre-ville. «Actuellement, les pushers, je peux les chasser du terrain de l’UQAM. Avec les SIS, ils seront autorisés à être là à l’année», craint M. Gingras.

Contradiction

Pour le président de ce groupe de citoyens du centre-ville, les SIS incarnent une contradiction. «Les autorités veulent réduire les méfaits mais ils font en sorte de permettre de consommer des substances à l’intérieur même du système de la santé», explique le président de la table de concertation du Faubourg Saint-Laurent, Rosario Demers. «Si la toxicomanie est une maladie, il faut trouver un moyen de la guérir», estime-t-il.

À la tête d’une autre association citoyenne du quartier, Éric Séguin déplore que la polarisation du débat sur les SIS en deux axes: pour ou contre. «On endure déjà assez de problèmes. Parce que le verre commence à déborder, on passe pour des intolérants», explique M. Séguin, de l’Association des résidents du quartier de la santé de Montréal.

«La cour est pleine»

«On n’est pas en train de dire: pas dans ma cour, mais plutôt la cour est pleine!», lance pour sa part François Robillard, conseiller municipal du quartier centre-sud (district Saint-Jacques) sous la bannière de Vision Montréal. «Ce projet a pour effet de banaliser la consommation de drogue», croit-il. Un SIS est prévu sur son territoire, sans compter les deux du centre-ville. Trois sites dans un rayon d’un kilomètre carré, déplore M. Robillard.

La peur de Vancouver

Les SIS ne font pas l’unanimité mais pratiquement tous les intervenants interrogés s’entendent sur un point: on ne veut pas d’une super-piquerie comme Insite à Vancouver.

Même si Insite a prouvé sa pertinence, le premier centre d’injection canadien est emménagé à Downtown Eastside, une zone sinistrée et un peu abandonnée aux mains des junkies. C’est d’ailleurs à cause de leur présence endémique dans ce quartier et au nombre élevé de décès par surdose que le site a été créé. L’expérience de Vancouver a ainsi permis de réduire de 35% le nombre de décès. Si Montréal préconise l’aménagement de plusieurs sites, c’est justement pour éviter la ghettoïsation observée à Vancouver.

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2 Commentaires

  1. Les sites seront répartis en plusieurs endroit si je comprend bien,donc pas de concentration.
    « Arrèter d’avoir peur d’avoir peur » . Vancouver est bien différent de Montréal.
    Il y aura bien moins de seringues et autres articles de conso à la traine.C’est un début,
    pour le reste si on sauveune VIE c’est déjà ca. A pllus

    MADMAN

    • Oui je suis bien d’accord avec toi.
      Le problème c’est la population qui demeure au environ des sites.
      Pour la plus part des citoyens les organismes amènent les utilisateurs au centre ville.
      Les organismes eux disent répondre à une situation, à un besoin.

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