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Danemark : De l’héroïne délivrée sous surveillance médicale

Danemark : De l’héroïne délivrée sous surveillance médicale
Par Anne Jeanblanc
De plus en plus de pays autorisent la distribution contrôlée d’héroïne © Martin Meyer/Corbis
Après la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni et de façon plus limitée l’Espagne, le Danemark autorise, à son tour, la distribution contrôlée de l’héroïne sous surveillance médicale. Tout a commencé en Suisse, dès 1994, rappelle le Journal international de médecine (le JIM, réservé aux professionnels de santé). Contrairement aux inquiétudes des spécialistes européens de la lutte contre les drogues, ce type de protocole a vite donné d’excellents résultats. Fin 2008, le secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions évoquait une diminution spectaculaire du nombre de décès de 400 à 150 entre 2007 et 2008, ainsi qu’une baisse de 60% des actes de violence dans la rue. Et « un franc investi dans ces mesures en rapporte 4 à 7, d’un point de vue socio-sanitaire et 10 si on prend en compte le coût lié à la criminalité », avait-il calculé.
Le Danemark s’est intéressé très tôt à ce type de dispositif, mais une clinique distribuant gratuitement de l’héroïne n’a pu ouvrir ses portes à Copenhague que le 22 février dernier. « Le programme s’adresse aux toxicomanes chez qui toutes les tentatives de sevrage à la méthadone ont échoué. Cette situation concernerait 1% des toxicomanes du royaume, soit entre 300 et 400 personnes », précise le JIM. Envoyés par un « des centres de désintoxication à la méthadone », ces héroïnomanes doivent d’abord suivre une nouvelle cure de traitement à la méthadone pendant 14 jours afin que puisse être dosée « la quantité d’héroïne à prescrire» . Puis, ils devront se rendre dans le centre deux fois par jour, sept jour sur sept pour recevoir une héroïne totalement pure, achetée en Suisse.
Les toxicomanes, pour leur part, regrettent que les injections doivent obligatoirement être réalisées dans le centre, pour des raisons de sécurité évidentes. Les responsables de l’établissement savent bien que les débuts seront difficiles, mais ils croient au succès de l’entreprise. « Ces gens-là sont réfractaires aux traitements et aux blouses blanches. On prévoit cependant d’attirer peu à peu les toxicomanes qui peuvent satisfaire ici leur manque et trouver un refuge pour se nourrir et s’occuper à différentes activités pour donner plus de sens à leur quotidien », explique le docteur Nielsen, cité par un quotidien belge.

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