Consultation des citoyens pour un site d’ injection

Centre d’injection supervisé: la population sera consultée

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Le conseil de quartier de Saint-Roch tâtera le pouls de la population au début de l’an prochain sur l’implantation éventuelle d’un centre d’injection supervisé pour les toxicomanes.

«Depuis le début de mon mandat au printemps, j’ai travaillé pour qu’on crève l’abcès. J’ai senti des tensions entourant le sujet.» Le président du conseil, Louis-H. Campagna, parle évidemment du projet de Point de Repères, situé rue Dorchester, qui vient en aide aux toxicomanes. L’organisme milite pour l’ouverture d’un lieu supervisé où les utilisateurs de drogue par injection (UDI) pourraient se rendre plutôt que de consommer dans des lieux publics.

Le dossier de ce centre souhaité par plusieurs depuis près de 10 ans a refait surface la semaine dernière à la suite d’un reportage du Soleil qui faisait état de la piquerie à ciel ouvert qui se trouve sous les bretelles de l’autoroute Dufferin. Les seringues qui jonchent le sol démontrent que de nombreux UDI fréquentent cet endroit.

Le directeur de Point de Repères, Mario Gagnon, avait confirmé qu’il conseillait à sa clientèle de s’y rendre à défaut de meilleurs endroits. Un moindre mal, selon lui. Au moins, ce n’est pas un parc et il y a moins de risques qu’un enfant tombe sur une seringue souillée, avait-il laissé entendre. Le fait qu’il doive user de cette stratégie démontrait l’importance d’ouvrir un centre supervisé, avait ajouté M. Gagnon.

Jusqu’ici, la conseillère du quartier, Chantal Gilbert, a déclaré «être inquiète» de l’ouverture possible d’un centre d’injection. Geneviève Hamelin, conseillère du district Saint-Sauveur, voisin de Saint-Roch, affiche aussi quelques doutes. Toutes d’eux espèrent que la population sera consultée avant que la Direction de la santé publique, qui appuie le projet de Point de Repères, ne donne le feu vert.

Dès la fin du mois

Le conseil de quartier de Saint-Roch sera l’un des premiers à le faire. Dès le 25 novembre, la population est invitée à une soirée au cours de laquelle il adoptera son plan d’action générale pour la prochaine année. Le dossier du centre d’injection sera à l’ordre du jour.

Toutefois, avise le président Campagna, ce n’est qu’en janvier que les résidants et les commerçants seront véritablement consultés. «Personnellement, je suis sur la ligne. J’ai autant d’arguments en faveur que l’inverse. J’attends encore d’avoir de l’information scientifique avant de me prononcer. Il faut savoir ce qui se fait ailleurs, notamment à Vancouver. D’autre part, des étudiants en sociologie de l’Université Laval préparent un projet d’étude sur la question qui nourrira le débat», explique-t-il.

L’important, précise M. Campagna, est que la consultation soit équilibrée. Et sur ce dernier point, il insiste qu’aucun individu ou groupe de pression ne doit monopoliser la discussion.

Enfin, souligne le président, le conseil de quartier émettra des recommandations à la suite de la consultation. À ce jour, un seul membre du conseil s’est prononcé. En son nom personnel, le représentant des commerçants et copropriétaire du Cercle, Frédéric Poitras, s’est dit en faveur de la démarche de Point de Repères.

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Un commentaire

  1. Les conseillères de quartier devraient peut-être lire sur le sujet avant de se dire inquiètes.

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