La police tient à conserver le Taser

La police tient à conserver le Taser

Les opposants de Parme électrique juge qu’il « permet l’escalade dans l’usage de la force »
BREAN MYLES
Le Service de police de Montréal (SPVM) tient à conserver les pistolets à impulsion électrique dans son arsenal en dépit de la controverse entourant cette arme dite intermédiaire.
Le directeur adjoint du SPVM, Marc Parent a exhorté les élus municipaux à résister à l’appel au boycottage lancé par la Coalition pour le retrait du Taser hier lors des audiences de la commission de la sécurité publique à ce sujet.
La Coalition, qui regroupe notamment le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, la Ligue des droits et libertés, Amnistie internationale et la Ligue des Noirs réclame le retrait total des pistolets de type Taser.
Selon Marvin Rotrand, le pistolet à impulsion électrique n’a pas rempli ses promesses après dix ans d’utilisation. « Le Taser est un instrument qui a permis aux policiers de sauver du temps, et non de sauver des vies, a t-il dit. Il permet l’escalade dans l’usage de la force, alors que ce n’est pas nécessaire.»
Contrairement à d’autres corps policiers en Amérique du Nord, le SPVM a choisi «une approche restrictive» concernant l’utilisation du Taser a expliqué Marc Parent. Seulement 17 pistolets
sont disponibles pour les policiers sur tout le territoire de Montréal. L’an dernier, le Taser a été utilisé 11 fois seulement.
Le SPVM juge le pistolet à impulsion électrique utile pour neutraliser des suspects agités et en proie au délire. «Avec le Taser, vous pouvez les neutraliser plus rapidement . Si on ne l’avait pas, nous aurions besoin de plusieurs policiers pour y arriver, a expliqué M. Parent […l Si on n ‘utilise pas le Taser, les interventions ne seront pas plus esthétiques et cosmétiques.»

Des élus peu renseignés

Les élus membres de la Commission de la sécurité publique semblaient avancer à tatillon. Ils ont parfois fait preuve d’une grande ignorance sur certains aspects fondamentaux du débat.
Ainsi, un des élus ignorait qu’un Montréalais, Quilem Registre, est mort après avoir reçu
six décharges de Taser lors de son arrestation, le 18 octobre 2007. L’enquête du coroner a conclu que sa mort n’était pas directement liée au Taser. Mais dans un contexte de grande agitation, l’usage de l’arme a possiblement contribué à la fin tragique de Registre. A Québec, Claudio Castagnetta a connu un sort similaire le 20 septembre 2007. L’enquête du
coroner a cependant déterminé que sa mort n’était pas imputable à l’usage du Taser.
Les élus semblaient également peu renseignés sur le rapport du Comité de l’ONU sur la torture, rendu public, en novembre 2007. Ce rapport assimile l’usage du pistolet à impulsion électrique à «une forme de torture qui peut provoquer la mort», comme en font foi des études fiables et des faits portés à l’attention des experts du Comité.
Le critique de l’opposition en matière de Sécurité publique, Réal Ménard, a accordé une grande importance à ce rapport de l’ONU, dont les membres de la Coalition ont évoqué l’existence, sans plus, hier en après-midi. Les audiences se poursuivaient en soirée. La commission de la sécurité publique doit faire connaitre sa position sur le Taser d’ici le mois de juin.
Le Devoir

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