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Un centre d’injection supervisé bientôt à Québec

«Rien ne nous empêche d’aller de l’avant. On veut créer un comité pour pouvoir présenter un vrai projet-pilote», explique le directeur général de Point de Repères, Mario Gagnon, assuré depuis plusieurs années du besoin pour un centre qui, dit-il, «permet de sauver des vies».

M. Gagnon espère réunir sous peu des représentants de CLSC, des infirmières, des juristes et aussi la police pour rédiger un plan de projet-pilote permettant la création d’un centre d’injection pour les usagers particulièrement à risque de maladies ou de surdose.

M. Gagnon rencontre d’ailleurs aujourd’hui le chef de la police de Québec, Serge Bélisle, pouvait-on lire dans le journal Droit de parole.

«La rencontre n’est pas seulement sur ce sujet, mais on va en profiter pour ouvrir la porte et voir si on ne pourrait pas nous désigner quelqu’un», a détaillé au Soleil M. Gagnon, conscient des implications légales d’un tel projet.

Reste que plusieurs éléments jouent en la faveur de Point de Repères et de son équivalent montréalais, l’organisme Cactus.

Le 15 janvier, la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a débouté le gouvernement fédéral, qui voulait fermer le centre d’injection Insite de Vancouver.

Un gain qui s’ajoute à un avis, publié en décembre, dans lequel l’Institut national de santé publique du Québec, se montre favorable à un tel service, soulignant ses avantages sur la réduction des maladies.

Bolduc en réflexion

Le ministre de la Santé Yves Bolduc attendait ces deux décisions avant de se prononcer sur les centres d’injection supervisés au Québec. «On est en train de regarder le jugement et le rapport. Pour nous, c’est un outil qui pourrait être utilisé, mais pour l’instant, il n’y a pas de décision à l’effet d’en instaurer ou pas», a indiqué la porte-parole d’Yves Bolduc, Karine Rivard. Elle souligne aussi que Québec consacre déjà 80 millions $ par an pour réduire les risques d’infection, notamment en finançant des organismes d’aide.

Fondé en 1990, Point de Repères fait déjà la distribution de seringues propres, et fournit des services d’accompagnement et de dépistage.

Confiant, Mario Gagnon demeure toutefois conscient qu’un financement gouvernemental sera nécessaire pour payer le personnel d’un tel centre, même modeste. Mais le dg de Point de Repères est loin de se montrer impatient envers le ministre. «Il est légitime qu’il prenne le temps d’analyser tout ça. C’est sûr que s’il disait oui, ce serait plus facile de mobiliser les gens. Mais rien n’empêche qu’on avance.»

Valérie Gaudreau

Le Soleil

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