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Recrudescence des cas d’hépatite C dans les pénitenciers fédéraux

La Presse

Les cas d’hépatite C répertoriés dans les pénitenciers fédéraux ont doublé entre 2000 et 2007, selon un document interne du Service correctionnel du Canada. Près d’un détenu sur trois en est atteint.

«Le virus de l’hépatite C est un problème significatif en croissance au sein de la population carcérale», peut-on lire dans le document obtenu par La Presse grâce à la loi sur l’accès à l’information.
 
En 2007, le Service correctionnel du Canada a dénombré 4845 cas d’hépatite C, soit 2468 de plus qu’en 2000. En réalité, les cas seraient plus nombreux, puisque les détenus ne sont pas obligés de passer des tests de dépistage. Environ 50% acceptent de le faire à leur admission.

Au total, 30% des détenus étaient atteints de l’hépatite C en 2007, selon l’évaluation du Service correctionnel. Leur taux d’infection est 30 fois plus élevé que celui de la population canadienne, révèle le document de travail daté de septembre 2009.
Les détenus des pénitenciers fédéraux sont également plus vulnérables au VIH: leur taux d’infection est de 7 à 10 fois plus élevé que la moyenne. En 2007, 249 cas de VIH étaient répertoriés, ce qui correspond à 1,8% de la population carcérale.
Comportements à risque
Le Service correctionnel du Canada explique la propagation de l’hépatite C par les «comportements à risque des détenus», comme la consommation de drogue, la prostitution et le sexe non protégé. «La poursuite de ces comportements pendant l’incarcération constitue un défi de santé publique», a indiqué dans un courriel Christa McGregor, porte-parole du Service correctionnel du Canada.
Mme McGregor a souligné que le Service correctionnel du Canada consacre chaque année 13 millions de dollars aux soins aux malades et à la gestion des maladies infectieuses. Les détenus ont notamment accès à des condoms, à des digues dentaires et à des instructions pour nettoyer leurs seringues.
Cependant, la direction ne prévoit pas implanter un programme de distribution de seringues, apprend-on dans le document.
Syndicat inquiet
La propagation de l’hépatite C entre les murs des pénitenciers inquiète le Syndicat des agents correctionnels du Canada, qui regroupe près de 6000 membres.
Depuis 2006, le syndicat demande au gouvernement fédéral de modifier la loi afin d’obliger les détenus à passer des tests de dépistage. «Actuellement, les agents correctionnels ignorent quels détenus sont atteints de l’hépatite C ou du VIH», déplore le président national du syndicat, Pierre Mallette.
Le syndicat souhaite que les détenus soient obligés de se soumettre à une prise de sang à leur admission. Les prisonniers qui risquent d’avoir contaminé un agent correctionnel au cours d’une intervention physique devraient également passer des tests, selon M. Mallette.
«Connaître l’état de santé des détenus permettrait aux agents d’adapter leur intervention et de faire de la prévention auprès des détenus atteints», estime M. Mallette.
Le Service correctionnel du Canada n’a pas l’autorité de forcer les détenus à passer des tests sanguins. «La Charte canadienne des droits et libertés protège les personnes des fouilles illégitimes et déraisonnables, ce qui inclut les tests sanguins», a indiqué Christa McGregor.
Avec William Leclerc

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